À Marseille, des parents de prématurés privés de logement

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La naissance prématurée d’un enfant est une réelle épreuve pour les jeunes parents, qui vivent entre l’attente que ce dernier sorte enfin de l’hôpital et l’angoisse qu’il lui arrive quelque chose. Pour rassurer ces parents, et surtout leur permettre d’être au plus près de leur enfant, de nombreux hôpitaux proposent des logements ou des chambres au sein même de l’hôpital afin de préserver ce lien si important. Malheureusement, l’hôpital Nord de Marseille, qui proposait pourtant ce service auparavant, ne le fait plus, au grand désespoir de nombreux parents.

Des parents loin de leurs bébés

Jusqu’à présent, l’hôpital Nord de Marseille proposait à la location une douzaine de studios à destination des parents des enfants nés prématurément. Un système extrêmement pratique pour ces parents qui avaient ainsi la possibilité de voir quotidiennement leur enfant. Un service dont Magali Martin aurait bien aimé bénéficier à la naissance de son fils Zacharie le 27 janvier dernier. Malheureusement pour elle, ce service n’est aujourd’hui plus disponible à l’hôpital marseillais. Elle a  donc été dans l’obligation de quitter sa chambre de maternité le 5 février et de laisser par la même occasion son bébé qui est né à seulement 34 semaines de grossesse. Dans un post Facebook, la jeune femme exprime son désarroi, mais aussi celui d’autres familles dans le même cas qu’elle : « depuis quelques semaines la direction de l’hôpital a fermé les 10 studios qui permettaient aux parents de rester proches de leurs bébés après le séjour de la maman en maternité. Dans les services qui accueillent les accouchées, les mamans sont poussées dehors au plus tôt, faute de place et nous sommes nombreuses, quelque soit notre lieu de résidence et nos solutions d’hébergement à proximité, à apprendre un beau matin à J3 que nous devons quitter la chambre et donc la proximité avec notre bébé sans aucune autre solution abordable proposée pour maintenir ce lien mère-enfant. Que nous allaitions ou pas! Les 12 jours normalement financés par la Sécu ne sont même plus respectés. Il y a ici 1 seule chambre kangourou (lit maman+ lit bébé) pour 25 places pour bébé en néonat…sans parler de ceux qui sont en réanimation ».

Un problème de légalité

Magali Martin tient à préciser dans sa publication que les équipes médicales de l’hôpital semblent tout aussi désemparées que les parents eux-mêmes : « Les cadres de santé ici vous disent qu’ils sont conscients de la situation, démunis et que c’est à nous, parents, de faire remonter plus haut ».

Magali Guerder, directrice de l’hôpital nord de Marseille a quant à elle expliqué les raisons qui ont poussé l’hôpital à ne plus proposer ces chambres : « Un hôpital n’a pas le droit d’être en direct avec des patients sur une question d’hôtellerieMais la solution serait de trouver une association qui ferait le filtre ».

Fort heureusement, il semblerait qu’une solution se profile à l’horizon, puisqu’un accord pourrait rapidement être trouvé avec une association afin de louer des studios qui sont à l’origine prévus pour les étudiants infirmiers.

Sources : MagicMaman, France Bleue