Addictions : comment les traiter durant la grossesse ?

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Malheureusement, même durant la grossesse, il peut être difficile pour des femmes qui ont des addictions de faire une croix dessus. Bien entendu, on ne parle pas ici de simple addiction au tabac, mais plutôt à des drogues, comme la cocaïne, les opiacés, l’alcool ou encore le cannabis. Seulement, même s’il peut être très gênant d’en parler, il est très important de consulter, et ce, rapidement, pour ne pas mettre en danger la santé de son enfant. Voici donc toutes les démarches à suivre pour tenter de se débarrasser de ses addictions durant la grossesse.

Se sevrer oui, mais en douceur

Pour un sevrage efficace, il faut surtout qu’il soit fait dans de bonnes conditions afin qu’il soit par la suite durable. Il n’y a en effet aucun intérêt à reprendre ses addictions dès l’accouchement. Il est donc absolument nécessaire de se tourner vers des professionnels de ce domaine afin d’être bien encadrée dans cette démarche, mais aussi dans le but d’assurer un véritable suivi. Le CHU de Lyon, par exemple, propose aux femmes enceintes qui présentent des problèmes d’addiction des consultations spécifiques afin de leur permettre de mener leur grossesse à terme et dans les meilleures conditions. On retrouve des suivis similaires dans toute la France, avec notamment des médecins psychologues qui seront présents aussi bien pendant la grossesse qu’après pour permettre à ces femmes de ne pas retrouver leurs vieux démons les jours qui suivent la naissance de leur enfant.

Si la première consultation peut être difficile, notamment d’un point de vue psychologique, elle est pourtant absolument primordiale et représente un premier pas vers une potentielle guérison. En effet, selon le Dr Brigitte David, les femmes arrivent généralement très honteuses, notamment au sujet de la santé de leur bébé, et craignent d’être jugées. Or, ce n’est généralement absolument pas le cas, puisque le but de cette démarche est surtout qu’elles soient écoutées, soutenues et rassurées. Elles doivent comprendre qu’il s’agit là d’une véritable aide pour leur permettre de se soigner, mais aussi pour garantir la meilleure vie possible à cet enfant à naître.

Même si certaines font preuve de très bonne volonté en essayant d’arrêter définitivement et brutalement leur consommation de drogue, cela reste quelque chose de très difficile. C’est la raison pour laquelle les médecins privilégient un arrêt progressif, mais qui sera bien plus efficace sur le long terme. En effet, un sevrage trop brutal pourrait aussi avoir des effets négatifs sur le bébé, car il pourrait ensuite développer des troubles neuropsychiques. C’est la raison pour laquelle des traitements ont été développés afin de permettre le sevrage, mais aussi pour ne pas mettre en péril la grossesse et l’allaitement. Cependant, certaines drogues, qui sont encore plus nocives pour le bébé, doivent tout de même être arrêtées définitivement et le plus rapidement possible.

Un suivi qui a toute son importance aux yeux de la loi

Le simple fait de faire la démarche de se tourner vers des spécialistes au moment de la grossesse et de tout mettre en œuvre pour tenter de se sevrer totalement afin d’accueillir un enfant dans les meilleures conditions peut être un réel atout devant un juge. En effet, cette démarche pourrait permettre à la mère de garder son enfant après sa naissance, qui ne sera donc peut-être pas placé. Il s’agit d’ailleurs d’un argument de taille pour les médecins qui tentent de convaincre ces mères qui vivent souvent dans des conditions de grande précarité, mais qui tentent tout de même de sortir la tête de l’eau.

 

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