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Burn-out parental : un sujet encore tabou

Crédits : iStock

Le terme n’est encore pas vraiment répandu en France, mais existe pourtant bel et bien. Le burn-out parental est une réalité pour de nombreux parents et il est important d’en tenir compte. Seulement parfois, la honte d’en parler est plus forte et des parents s’enferment alors dans cette spirale de fatigue et d’énervement. 

En vouloir trop, et en faire trop

Le burn-out parental, qui peut aussi bien toucher les femmes que les hommes, n’est en fait pas si différent du burn-out professionnel dont on entend plus souvent parler. Si l’un se manifeste au sein du foyer, l’autre se déclare dans le cadre du travail. Avoir des enfants est censé être une très belle chose dans la vie de parents. Seulement, pour certains, cela peut rapidement tourner au cauchemar.

Le burn-out parental se manifeste souvent par une volonté de toujours bien faire. Or, tout le monde s’accorde pour dire qu’il est clairement impossible d’être irréprochable, encore moins lorsqu’il s’agit de l’éducation des enfants. Chacun tente de faire de son mieux en respectant les valeurs qui lui sont chères. Mais parfois, l’idée n’est pas si facile à reproduire dans le quotidien. Et c’est sans parler du mythe de la Super-Maman ou du Super-Papa, qui se doivent d’être toujours irréprochables dans leur conduite. Les parents ont aujourd’hui de plus en plus de pression sur les épaules et semblent même être en perpétuelle compétition afin de toujours faire mieux que l’autre. Ils se donnent donc corps et âme dans l’éducation de leurs petites têtes blondes au détriment de leur santé mentale. Parce que oui, être parent ce n’est pas seulement avoir toujours la tête dans le guidon. Pour pouvoir être efficace, il est aussi nécessaire de parfois pouvoir respirer et de ne pas se mettre en permanence la pression.

Les enfants représentent aujourd’hui la plus grande fierté de leurs parents : ils sont un signe extérieur de réussite. Tous les moyens sont donc mis en oeuvre pour en mettre plein la vue aux autres parents et pour prouver que le sien saura toujours mieux faire. Cette volonté de perfection peut devenir réellement obsessionnelle, aussi bien pour les parents que pour l’enfant.

Il faut dire qu’il est rare de voir des enfants sages à toute heure de la journée, ne faisant jamais de caprices et acceptant toutes les règles sans broncher. Il faut également ajouter le fait qu’en tant que parent, il est parfaitement impossible de débaucher et c’est d’ailleurs bien la particularité de ce rôle si prenant. Il faut être présent et simplement accepter que ses enfants ne soient pas aussi parfaits qu’on l’imaginait. Si on ajoute à cela la fatigue du quotidien, le burn-out parental devient difficile à éviter.

Le burn-out parental se traduit notamment par le sentiment de se sentir en permanence débordé et de penser qu’on n’aura jamais le temps de tout faire. Il ne doit cependant pas être confondu avec un baby-blues ou une dépression post-partum, puisqu’un burn-out parental peut intervenir à n’importe quel moment de l’évolution d’un enfant. Il n’est d’ailleurs pas propre à la femme, mais peut aussi très bien se manifester chez les papas.

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Des symptômes qui ne trompent pas

Le symptôme le plus parlant est certainement l’épuisement. Les parents se sentent débordés entre les enfants, leur vie privée, professionnelle et le couple. Ils ne savent plus où donner de la tête et ont l’impression d’être constamment épuisés. Il peut s’agir d’une réelle fatigue physique, d’un épuisement cognitif (un sentiment de ne plus parvenir à bien réfléchir) ou alors d’une fatigue émotionnelle (le sentiment de ne pas pouvoir faire plus).

Petit à petit, les parents qui souffrent de burn-out parental ont de moins en moins de liens avec leurs enfants et ne partagent plus d’activités avec eux. S’installe donc une distanciation affective, parfois non intentionnelle mais bien réelle. Les parents en font alors le minimum et tentent d’échapper à tout prix à la moindre activité.

Les parents ressentent également le sentiment de ne plus se sentir à leur place dans leur rôle. Ils ne prennent plus de plaisir à s’occuper de leurs enfants tant ils ne se sentent pas à la hauteur. Ils ont le sentiment de ne pas en faire assez.

Bien souvent, les symptômes diffèrent entre les hommes et les femmes. On retrouve généralement chez les femmes des troubles de l’humeur, de l’épuisement physique, des troubles du sommeil, une baisse de désir pour son partenaire ou encore des troubles alimentaires. Chez les hommes, le burn-out parental se manifestera plutôt à travers des troubles anxieux, des conduites addictives, des troubles du comportement, le sentiment de perte de contrôle et une boulimie du travail afin de fuir le quotidien du foyer.

Agir au plus vite

Les parents qui souffrent de burn-out parental ont souvent du mal à réellement s’en apercevoir. Mais si vous vous reconnaissez dans ces symptômes et ces comportements, il est très important de rapidement se prendre en main afin de préserver l’équilibre familial. Il est possible de consulter un spécialiste afin de faire l’état des lieux de la situation et tenter de l’arranger. Ce mal-être peut avoir des répercussions graves sur la vie de famille, mais également sur la vie de couple. C’est la raison pour laquelle il faut rapidement le diagnostiquer.

Sources : LCI, Le burn-out parental, Madame Figaro, HuffPost

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