Charge mentale de la femme : encore des progrès à faire

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Le terme de charge mentale n’est en fait pas si récent que cela. En effet, c’est dans les années 80 qu’il émerge pour la première fois pour désigner un syndrome qui touche majoritairement les femmes et qui les conduit à penser à tout, tout le temps, sans pouvoir se décharger de toutes ces responsabilités à la grande différence des hommes

La charge mentale dans le quotidien

C’est l’illustratrice Emma qui a remis sur le devant de la scène ce terme presque oublié et qui est devenu le quotidien de nombreuses femmes sans même qu’elles puissent s’en rendre compte. Dans sa BD « Fallait demander », la jeune femme brise un tabou et met en avant les journées types d’une grande majorité de femmes qui doivent prendre en main la quasi totalité des responsabilités du foyer en jonglant avec leur travail, le tout le plus naturellement possible, sans vraiment se poser la question de savoir si cette situation est bien normale.

Même s’il est important de souligner les progrès de ces dernières années en terme de partage des tâches ménagères, il faut aussi préciser que la route est encore longue avant une véritable égalité entre homme et femme au sein d’un ménage. Selon une étude de l’Insee, en 2010 les femmes prenaient en charge 64% des tâches domestiques et 71% des tâches parentales au sein des foyers. En 1985, ces taux s’élevaient respectivement à 69% et 80%. L’écart est donc très faible, mais il est important d’ajouter à cela qu’aujourd’hui les femmes sont beaucoup plus nombreuses à travailler. Elles vivent donc chaque jour deux journées distinctes, ce qui mène dans de nombreux cas à du surmenage.

Il fallait juste demander !

La petite BD d’Emma met en évidence le fait que dans l’inconscient commun, les tâches ménagères et parentales reviennent automatiquement à la femme. Et pour cause, la plupart des hommes qui reçoivent des critiques, car ils ne sont pas d’une grande aide dans le quotidien, ont tendance à répondre qu’il « suffisait de demander de l’aide ». Cette phrase sous-entend donc que la tâche en question revient de droit à la femme, qui a alors besoin « d’aide » pour l’accomplir. Le but de cette BD n’est pas vraiment de dénoncer le fait que les hommes ne prennent rien en charge à la maison, mais surtout le fait qu’ils ont souvent besoin qu’on leur demande pour le faire. Les femmes se retrouvent donc à déléguer certaines tâches, mais doivent en contrepartie tout superviser pour que les tâches en question soient faites de la bonne façon. Elles doivent finalement penser à tout et tout le temps : c’est la charge mentale.

Tout faire

Certaines femmes prennent sur elles toute cette charge mentale avec la conviction que les tâches accomplies ne seront pas faites de la bonne façon en les déléguant à leur conjoint. C’est d’ailleurs ce que met en évidence la BD d’Emma : en prenant la décision de faire un peu de rangement à la maison, la femme réalise qu’elle marche alors sur une serviette sale qu’elle va donc mettre dans le panier de linge sale, mais celui-ci est plein. Elle décide donc de faire tourner une lessive et réalise alors qu’il faut mettre au frais les légumes fraîchement achetés. Enfin, en ouvrant le frigo pour les ranger, elle constate qu’il va falloir racheter de la moutarde. Finalement, ce qui devait simplement être un rangement rapide lui prend deux heures de son temps. Si elle avait décidé de demander à son conjoint de faire du rangement, il se serait certainement contenté de ranger et n’aurait pas fait toutes les tâches annexes qui méritent pourtant d’être faites.

Pour se débarrasser de cette charge mentale, il faut aussi savoir reconnaître que les choses ne peuvent pas toujours être faites comme on l’entend. Il est important de pouvoir aussi laisser de l’espace aux hommes, et apprendre à leur faire confiance. Les femmes ont tendance à souvent les infantiliser, sans vraiment leur laisser de marge de manœuvre.

Seulement, pour certaines tâches, il peut être difficile pour les femmes de les déléguer tout en se disant qu’elles ne seront pas faites comme elles le souhaitent. C’est le cas par exemple pour tout ce qui concerne les enfants, puisque dans ce cas-là, on parle de charge sentimentale.

Les solutions pour enterrer la charge mentale restent très floues, mais reposent finalement sur une grande confiance au sein du couple. Il est important pour les femmes d’en parler, pour les hommes de réaliser de quoi il est vraiment question, et surtout de se permettre de réellement lâcher prise.

Sources : « Fallait demander » – Emma, L’Express, Libération

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