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Instinct maternel : existe-t-il vraiment ?

Crédits : Pixabay - PublicDomainPictures

L’instinct maternel serait un comportement que les mères adopteraient et qui leur permettrait d’avoir les bons gestes tout de suite, sans en avoir eu connaissance auparavant. Il s’agirait de quelque chose que l’on pourrait rapprocher de l’instinct primaire des mammifères et qui pousserait les mamans à vouer un amour sans limite à leur enfant, les rendant prêtes à tout pour le protéger, et ce, dès le premier regard à la naissance. Seulement, toutes les mères ne ressentent pas ces sentiments si fortement et certaines ne se sentent absolument pas à la hauteur après la naissance de leur bébé…

L’instinct maternel, un lien chimique

Au moment de l’accouchement, les femmes sécrètent de l’ocytocine, qui est l’hormone de l’attachement. C’est la raison pour laquelle de nombreuses femmes parlent d’un lien étrange et très fusionnel dès les premières minutes de vie de leur bébé. L’instinct maternel pourrait donc venir de là et de tous les bouleversements hormonaux dont la femme doit faire face lorsqu’elle accouche. Il s’agirait donc d’un instinct très primitif, ressemblant à celui des animaux, et qui serait donc d’origine hormonal.

Seulement, à la différence des animaux, les humains possèdent un inconscient qui peut venir confirmer cet instinct maternel, ou au contraire, ne pas l’activer. Les femmes idéalisent bien souvent leur grossesse et leur accouchement et souhaitent toutes ce coup de foudre au premier regard avec leur bébé. Seulement, c’est peut-être en le souhaitant si fort que la rencontre se révèle en fait décevante et que rien ne se produit.

L’instinct maternel est extrêmement difficile à définir et diffère d’une femme à l’autre. Il peut aussi être associé à l’instinct de protéger son enfant, qui peut sembler plus évident pour certaines femmes que l’instinct maternel.

Un moyen de culpabiliser les femmes

La légende de l’instinct maternel semble en fait exister dans le seul but de culpabiliser les femmes qui ne le ressentent pas. En effet, l’accouchement n’est pas pour toutes un joli moment avec à la clé une merveilleuse rencontre. Parfois, c’est douloureux et, dans certains cas, le bébé ne ressemble pas du tout au joli nouveau-né qu’on a pu s’idéaliser durant neuf mois. Et lorsque vient le moment fatidique, il ne se passe rien, sauf de la déception et parfois même un peu de dégoût.

Seulement, ces femmes-là ont aussi le droit de ressentir cela et ne doivent en aucun cas culpabiliser ou penser qu’elles sont des monstres pour autant. Les débuts de la vie de maman peuvent être très difficiles. Les sentiments se mélangent, les hormones sont complètement déréglés et les premiers gestes ne sont pas toujours évidents.

Crédits : Pixabay – Arieth

Certaines jeunes mamans ne se sentent absolument pas mères au moment de l’accouchement et encore moins lors de la grossesse. C’est plutôt quelque chose qu’elles vont apprendre au fil du temps en apprivoisant leur bébé. Malheureusement, la société voudrait faire croire que toutes les mamans vivent parfaitement bien leur accouchement et leurs premiers pas en temps que mère, ce qui ne peut que les faire culpabiliser face à leurs difficultés à créer des liens avec leur bébé.

Toutes les mères ne sont pas maternelles et cela ne devrait plus être un tabou pour celles qui sont concernées. L’apprentissage vient au fil du temps, au même titre que l’amour et la tendresse. Les femmes ne sont en effet pas des robots programmés pour être aimants en toutes circonstances. La réalité est bien plus complexe.

Et les hommes dans tout ça ?

Le terme d’instinct maternel discrimine également les hommes qui ne seraient donc absolument pas disposés à s’occuper d’un enfant et de ressentir une affection à la limite du bestial. Or, les hommes peuvent être tout aussi affectueux et aimants envers leurs enfants que les femmes, parfois même davantage. L’idée d’instinct maternel ne leur laisse aucune place dans ce schéma dans lequel on ne trouve que la mère et ses enfants. Ce qui était peut-être le cas il y a quelques années n’est absolument plus à l’ordre du jour, puisque l’homme prend aujourd’hui une place toute aussi importante que la mère dans les relations avec les enfants.

Sources : L’Express, MagicMaman

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