Un panier de courses qui gonfle, une place en crèche introuvable, et des couches qui pèsent chaque mois un peu plus lourd sur le compte en banque. Voilà le quotidien de milliers de familles françaises en cette rentrée. Alors quand certains parents avouent, un brin gênés, ne pas vouloir de deuxième enfant à cause du coût financier que cela représente, on aurait tort de les juger trop vite. Car derrière cette phrase entendue de plus en plus souvent dans les cours de récré ou les salles d’attente de PMI se cache une réalité chiffrée, documentée, et franchement préoccupante.

À retenir
  • 80 % des foyers français considèrent qu'avoir un bébé est un luxe, et 76 % jugent que le coût de la parentalité freine leur désir d'un autre enfant.
  • Le budget moyen pour la première année d'un enfant atteint 6 172 euros, dominé par les couches (48 %), les modes de garde (42 %) et la puériculture (36 %).
  • Face à ces dépenses souvent mal anticipées, 64 % des parents doivent faire des arbitrages budgétaires et se tournent vers les facilités de paiement ou la seconde main.

Quand le coût d’un enfant fait renoncer à l’agrandissement de la famille

En 2025, la France a enregistré environ 645 000 naissances, soit près d’un quart de moins qu’en 2010. Une chute qui ne date pas d’hier et qui s’installe dans la durée, sans qu’on puisse pointer une seule cause. Mais parmi les explications régulièrement avancées, l’érosion du pouvoir d’achat revient sans cesse. Et pour cause : 80 % des foyers considèrent aujourd’hui qu’avoir un bébé ressemble à un luxe. Un luxe qui, logiquement, freine sérieusement l’envie d’agrandir la famille. 76 % des parents déclarent d’ailleurs que le coût de la parentalité constitue un frein majeur au désir d’avoir un autre enfant. Difficile de leur donner tort quand on sait que le budget moyen consacré à l’arrivée d’un enfant et à sa première année atteint 6 172 euros. Une somme conséquente, qui explique en partie pourquoi tant de couples réfléchissent à deux fois avant de se lancer dans un deuxième, voire un troisième projet bébé.

De la naissance à l’adolescence, des dépenses qui explosent à chaque étape

Si l’on pensait que le plus dur était derrière une fois la maternité passée, les chiffres viennent doucher cet espoir. Dans le budget global consacré à la première année de vie, trois postes se détachent clairement et représentent la majorité des dépenses des jeunes parents :

  • Les couches et produits du quotidien, qui pèsent pour 48 % du budget
  • Les modes de garde, qui représentent 42 % des dépenses
  • Les équipements de puériculture, à hauteur de 36 %

Autant dire que même les besoins les plus basiques, comme changer bébé ou le faire garder pendant qu’on travaille, deviennent des postes budgétaires à part entière. Et le pire, c’est que seulement 17 % des parents ont anticipé très précisément le coût de l’arrivée de leur enfant. La grande majorité navigue donc à vue, découvrant au fil des mois l’ampleur réelle de la facture. Résultat : 64 % des parents doivent effectuer des arbitrages budgétaires face à ces dépenses imprévues. Et pour beaucoup, les fins de mois se resserrent bien plus que prévu, entre le loyer, les courses et les petits imprévus qui s’accumulent.

Face à ce budget XXL, les parents inventent mille astuces pour s’en sortir

Devant l’ampleur de la facture, les familles ne restent pas les bras croisés. 23 % des parents ont d’ailleurs opté pour des facilités de paiement afin de financer l’arrivée de leur enfant, une pratique qui, il y a encore quelques années, semblait réservée aux gros achats immobiliers. Mais la vraie tendance de fond, c’est le recours croissant à la seconde main. Bourses de puériculture, plateformes de revente entre particuliers, dons entre amis : tout est bon pour alléger la note, tant que la traçabilité des produits reste vérifiée, notamment pour les équipements sensibles comme les sièges-auto. Une vigilance qui n’est pas superflue, un siège-auto d’occasion mal entretenu ou déjà accidenté pouvant présenter de vrais risques de sécurité.

C’est justement pour mesurer l’ampleur de ce phénomène que le Sofinscope, baromètre réalisé par OpinionWay pour Sofinco, s’est penché sur la question. Ce baromètre, qui décrypte régulièrement les tendances de consommation et les comportements budgétaires des Français, a permis de mettre des chiffres précis sur une réalité que beaucoup de parents vivaient déjà dans leur quotidien, sans forcément la formuler aussi clairement. Le constat est sans appel : avoir un enfant est devenu, pour une majorité de foyers, un véritable arbitrage financier, presque un choix de consommation parmi d’autres.

Derrière la boutade un peu amère du « je ne veux pas de deuxième, ça coûte trop cher », il y a donc une réalité économique bien tangible, que le Sofinscope met enfin en lumière avec des données concrètes. Reste à savoir si les politiques familiales sauront s’adapter à cette nouvelle donne, ou si la parentalité continuera de ressembler, pour de plus en plus de foyers, à un projet qu’on met de côté faute de moyens.