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Je poste une photo de mon ventre sur les réseaux sociaux, qu’est-ce que je risque ?


Source: DR

Un cliché tout mignon de baby bump partagé entre deux stories, et hop, des milliers de likes. Sauf que derrière l’écran, certains regards n’ont rien d’attendri. Poster une photo de son ventre rond sur les réseaux, c’est parfois ouvrir une porte que l’on aurait préféré garder fermée. La grossesse est une période où l’on a envie de célébrer, de montrer, de partager cette transformation qui bouleverse le corps et le cœur. Mais derrière la douceur apparente d’un feed Instagram, la réalité peut vite virer au cauchemar numérique. Voici ce qu’il faut vraiment garder en tête avant d’appuyer sur publier.

Ces photos de grossesse qui finissent dans les mauvaises mains

On l’imagine mal en préparant une jolie mise en scène devant le miroir, et pourtant : les photos de ventres arrondis figurent parmi les images les plus prisées par certains réseaux pédocriminels. Ces images, souvent postées en toute innocence, sont aspirées, collectées, triées et échangées sur des forums cachés. Le ventre nu ou moulé dans une robe fluide devient une matière première, tout comme les clichés du nouveau-né qui suivront quelques mois plus tard. Le compte peut être public, semi-privé, réservé aux « amis » : les captures d’écran, elles, circulent sans permission. Ce phénomène reste largement sous-estimé parce qu’il se déroule loin des projecteurs, dans les recoins les plus sombres du web.

Quelques réflexes simples permettent de limiter la casse avant de partager :

  • Vérifier les paramètres de confidentialité de chaque plateforme avant chaque publication.
  • Éviter les photos dénudées ou en sous-vêtements, même artistiques.
  • Ne jamais mentionner de lieu précis ni de terme trop identifiant (prénom du bébé à venir, date d’accouchement, maternité).
  • Se méfier des hashtags trop populaires du type #pregnant ou #babybump, qui agissent comme des aimants.
  • Trier régulièrement sa liste d’abonnés et bloquer les profils fantômes.

Quand l’intelligence artificielle transforme un souvenir tendre en cauchemar

Autre menace, plus récente et tout aussi glaçante : le détournement par IA. Une simple photo de profil ou une story de grossesse suffit désormais à générer, en quelques clics, des images truquées, sexualisées, voire pédopornographiques. Les outils dits « deepfake » se sont démocratisés à une vitesse folle, et il n’est plus nécessaire d’être expert en informatique pour produire un montage réaliste. Le visage d’une future maman, superposé à un corps généré artificiellement, peut se retrouver sur des sites que l’on préfère ne pas imaginer. Le pire ? La victime n’en est presque jamais informée, et lorsqu’elle l’apprend, l’image circule déjà depuis longtemps.

Petit récapitulatif pour visualiser les risques principaux :

Type de risqueCe qui se passe concrètementRéflexe utile
Vol d’imageCapture et diffusion sur des réseaux fermésCompte privé, tri des abonnés
Détournement par IACréation de faux visuels à caractère sexuelÉviter les photos trop identifiantes
Exposition du futur enfantConstitution d’un profil dès avant la naissanceFlouter, masquer, patienter

Pharos, le réflexe à adopter pour reprendre le contrôle

Face à ce genre de dérapage, il existe une porte à laquelle frapper : la plateforme Pharos, gérée par le ministère de l’Intérieur. Son rôle ? Recueillir les signalements de contenus illicites repérés sur internet, qu’il s’agisse d’images pédocriminelles, de détournements par IA ou de comptes suspects. Le signalement se fait en ligne, en quelques minutes, de manière anonyme si besoin, via le site internet-signalement.gouv.fr. Ce geste, aussi banal qu’il paraisse, permet aux enquêteurs spécialisés de remonter les filières et de retirer les contenus problématiques. En parallèle, on peut demander le déréférencement d’une image auprès des moteurs de recherche et solliciter le retrait direct auprès des plateformes concernées. Ne pas rester seule, ne pas culpabiliser : la faute revient toujours à celui qui détourne, jamais à celle qui partage un moment de vie.

Partager la magie d’une grossesse sur les réseaux reste un droit, mais un droit qui mérite quelques précautions. Entre vols d’images, détournements par intelligence artificielle et signalement possible via Pharos, mieux vaut connaître les risques avant de cliquer sur publier — et savoir vers qui se tourner en cas de dérapage. Et si la vraie question devenait finalement : à qui a-t-on envie d’offrir ces instants si précieux, plutôt qu’à combien ?