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Deuxième enfant : la peur de ne pas l’aimer autant que le premier

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Deuxième enfant : la peur de ne pas l’aimer autant que le premier
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Il s’agit d’un sujet très tabou mais pourtant bien réel. De nombreuses femmes se sont en effet posées cette question durant leur deuxième grossesse : vais-je réussir à aimer ce bébé autant que le premier ? 

Sujet tabou

Les parents qui se posent ce genre de question ont souvent tendance à beaucoup culpabiliser. En effet, elles vont jusqu’à se demander comment une telle pensée peuvent leur traverser l’esprit. Il existe un véritable tabou autour des liens que doivent avoir les parents avec leurs enfants, et plus particulièrement les mères. En effet, dans l’inconscient commun, les mères doivent absolument être aimantes envers leurs enfants, mais aussi être dotées d’un instinct maternel le plus puissant possible. Elles n’ont donc pas le droit de se poser des questions quant à l’amour qu’elles éprouvent pour leurs enfants, car celui-ci devrait naître à partir du moment où elles prennent connaissance de leur grossesse. Or, ce n’est absolument pas le cas pour toutes les femmes, puisque certaines d’entre elles ne ressentent rien, même au moment de la naissance de leur enfant. Or, cela ne signifie pas pour autant qu’elles n’aimeront pas leur enfant, bien au contraire. Être mère n’est pas pour toutes un rôle prédéfini qu’il est tout naturel de jouer. Pour certaines, c’est un vrai défi de la vie de tous les jours qui s’accompagne par l’apprentissage des gestes, mais aussi de la tendresse.

L’image de la mère, même dans notre société moderne actuelle, est encore très patriarcale et ne leur laisse pas vraiment le droit à l’erreur. C’est pourquoi le simple fait de se poser ce genre de question devient problématique. Les femmes qui craignent de ne pas aimer autant leurs enfants n’osent donc pas s’exprimer, de peur d’être jugées de mauvaises mères. Il s’agit donc d’un véritable cercle vicieux, puisque certaines peuvent se renfermer dans ce mal-être et cette honte, ce qui peut avoir de lourdes répercussions.

Le fait de ne pas aimer à parts égales ses enfants laisse entendre que les parents ont un chouchou, un favori. Seulement, au-delà des questionnements qui sont tout à fait naturel, il ne faut pas que les parents focalisent leur attention sur un de leurs enfants pour en délaisser un autre. Tous les enfants doivent être traités sur un même pied d’égalité. Adopter ce genre de comportement risque de créer de réelles tensions au sein de la fratrie, mais aussi entre les enfants et les parents. Il est donc naturel de se poser des questions, mais il est important d’être transparent dans ses actes.

Crédits : Pixabay – TawnyNina

Aimer autant, mais différemment

L’amour qu’un parent porte à ses enfants n’est pas nécessairement le même pour tous. Cela n’a rien à voir avec l’intensité du sentiment, il s’agit surtout de particularités.

Françoise Dolto disait que les enfants d’une même fratrie n’ont pas les mêmes parents. Cela s’explique simplement par le fait que les enfants ne sont pas tous nés au même moment de la vie de leurs parents. Entre le premier et le dernier enfant, les parents ont largement le temps pour changer eux-mêmes. Une femme n’est donc pas la même lorsqu’elle a son premier enfant à 18 ans et lorsqu’elle accouche du troisième à 35 ans. Les relations ne peuvent donc pas être les mêmes avec tous les enfants.

Au fil du temps, les parents tissent des liens particuliers avec chacun de leurs enfants. Sans même s’en rendre compte, chacun de ces liens sont différents. Cela ne signifie absolument pas qu’il y a plus ou moins d’amour, simplement que les relations ne sont pas les mêmes. Elles s’adaptent en effet aux particularités et personnalités de chacun.

Un lien indéniable entre parents et enfants

Au moment de la grossesse du deuxième enfant, il est possible de ressentir certaines craintes qui peuvent ressembler au sentiment de ne pas autant aimer ce bébé à venir. Bien souvent, les parents ont peur d’imposer ce nouvel enfant à leur aîné. Ils ont beau se dire qu’une fratrie est la plus belle chose qu’ils puissent donner à cet enfant, ils ne peuvent pas s’empêcher de penser qu’ils sont en train de le trahir. Lui qui, jusqu’à maintenant, n’avait pas à partager ses parents avec qui que ce soit va se retrouver avec le rôle du grand frère ou de la grande sœur et va devoir accepter de ne plus être le seul centre d’intérêt de ses parents. Même si les premiers jours il risque d’être déstabilisé par l’arrivée de ce bébé, les liens se créeront au fil du temps, avant de devenir une réelle relation.

Il est aussi très important de se laisser du temps. Il est possible qu’au moment de la naissance, il n’y ait pas de coups de foudre, mais cela ne signifie absolument pas qu’il n’y a pas d’amour. Il est important de laisser le temps à chacun de s’apprivoiser. Comme pour un premier enfant, les parents doivent aussi apprendre à connaître ce bébé, et vice-versa, le tout avec un autre enfant à s’occuper. Il est donc possible d’avoir le sentiment de manquer de temps, mais il est important d’en consacrer autant à l’un qu’à l’autre.

Sources : Psychologies, Maman pour la vie

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