Congés parentaux : il s’agit de la première préoccupation des jeunes parents

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Accueillir un enfant est un grand bouleversement pour de jeunes parents. Malgré les neuf mois de grossesse qui permettent une certaine préparation, le jour J, tous les jeunes parents ou presque ont la sensation de manquer de temps. Les femmes qui ont porté l’enfant bénéficient tout de même d’un congé maternité de plusieurs semaines avant et après l’accouchement afin de profiter des premiers mois de vie de bébé. Cependant, pour les hommes, ce congé est bien moindre : seulement 11 jours. Une situation qui pose de plus en plus problème pour certains pères qui ont la sensation de rater certaines choses, ainsi que pour les mamans qui se sentent extrêmement seules lorsque leur conjoint retrouve le chemin du travail.

Les congés parentaux : une vraie préoccupation pour les parents

Dans le cadre d’une consultation sur les 1000 premiers jours de vie d’un enfant, 10 789 jeunes parents ont été soumis à un questionnaire entre octobre 2019 et février 2020 afin de comprendre comment améliorer cette période si cruciale. Si le rapport devait initialement être rendu public en septembre 2020, de premiers résultats ont été dévoilés le 2 juillet.

Pour la majorité des personnes qui ont répondu aux questions, la chose la plus importante est de « repenser les congés de naissance (congé maternité, paternité ou parental) ». Cette réponse signifie donc que les jeunes parents espèrent un changement aussi bien pour le père que pour la mère. En effet, actuellement, si les deux conjoints bénéficient uniquement des congés qui leur sont attribués pour la naissance d’un enfant, ils profitent de très peu de temps à deux. La motivation première de cette proposition est donc très certainement d’avoir plus de temps pour créer du lien en famille.

La seconde chose qui les préoccupe concerne les modes de garde, et notamment le fait de créer plus de places en crèche. Cette réponse est finalement en lien avec la première, car la question des modes de garde se pose au moment de reprendre une activité professionnelle.

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L’allongement du congé pour plus d’égalité

Dans le cadre d’une première grossesse, une femme a le droit à 6 semaines de congés avant l’accouchement et 10 semaines à la suite de celui-ci. Cela veut donc dire que si elle se contente de son congé maternité, une femme doit retourner travailler alors que son bébé a un peu plus de deux mois. Autant dire très tôt après sa naissance, surtout si cette dernière souhaite allaiter l’enfant, qui a donc besoin d’elle à tout moment pour se nourrir. Même avec une alimentation au biberon, un retour au travail aussi précoce peut être extrêmement mal vécu, car l’enfant est encore très petit et qu’il faut malgré tout lui trouver un mode de garde.

En ce qui concerne le conjoint, il ne bénéficie que de 11 jours de congé après la naissance de son enfant. Cela signifie donc qu’après cette durée, la maman se retrouve seule à devoir gérer les besoins d’un nouveau-né tout en récupérant doucement de son accouchement. Ce mode de fonctionnement contribue grandement à augmenter les inégalités entre les hommes et les femmes au sein du foyer. Automatiquement, la femme devient la principale exécutrice des tâches de la maison ainsi que de l’éducation des enfants. Finalement, son retour au travail intervient après des semaines de fatigue durant lesquelles elle a dû gérer sur tous les fronts.

La durée de ces congés contribue également à la discrimination de genre à l’emploi. Comme les femmes sont les seules à devoir réellement s’absenter du travail pour la naissance d’un enfant (rappelons que le congé paternité n’est pas obligatoire et n’est donc pas toujours utilisé par les hommes), les employeurs peuvent avoir tendance à préférer la candidature d’un homme plutôt que d’une femme lors d’une embauche. Trouver un travail peut donc être plus difficile pour une femme que pour un homme. Il en va de même pour les chances d’obtenir ou non une promotion. Une femme qui devient mère a tendance à stagner dans sa carrière à ce moment précis, ce qui n’est pas le cas d’un homme.

Au-delà de l’aspect émotionnel qui rend difficile le retour au travail pour les hommes et les femmes après la naissance d’un enfant, il est nécessaire de revoir ces congés pour permettre de réduire les inégalités de genre.