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Deux bébés confondus à la naissance ne seront finalement pas échangés

Crédits : iStock

Cette histoire est digne d’une série télévisée, mais est pourtant bien réelle pour deux familles indiennes. Le 11 mars 2015, deux mamans ont donné naissance à leur enfant et sont reparties sans le savoir avec celui de l’autre. Une terrible nouvelle pour ces deux familles qui se sont retrouvées liées sans le vouloir.

Une erreur de la maternité

Le 11 mars 2015, deux familles sont sur le point de vivre le plus beau moment de leur vie, mais aussi celui qui les changera à jamais. C’est à l’hôpital de Mangaldoi dans l’état indien d’Assam, que deux familles vont se retrouver liées à jamais. Deux femmes mettent au monde un petit garçon chacune, tous deux en bonne santé. Mais rapidement, une des mamans réalise que son enfant porte des traits qui ne lui sont pas familiers. En effet, ses yeux sont typiques de l’ethnie Bodo, c’est-à-dire très bridés, alors que ses deux parents n’en font eux-mêmes pas partie. La mère du bébé, prénommé Junaid, confie donc ses doutes à son mari qui décide d’en parler au personnel de l’hôpital, dont la réponse, très insultante, va tout de suite surprendre : « Le directeur m’a dit que ma femme devait souffrir de problèmes mentaux et m’a conseillé de consulter un psychiatre », témoigne Sahabuddin Ahmed, le père de Junaid.

Rencontre avec l’autre famille

Il en fallait plus pour arrêter la famille de Junaid qui décide donc de retrouver, grâce à la liste des autres femmes qui ont accouché le même jour dans l’hôpital, l’autre famille, qui selon eux vit avec leur enfant biologique. Ils finissent par trouver une famille qu’ils soupçonnent d’origine Bodo, et tentent donc de les contacter. Une véritable épreuve pour Sahabuddin Ahmed, qui après trois tentatives leur laissera finalement une lettre : « Je n’avais pas le courage de rencontrer la famille d’origine Bodo. Le même jour, j’ai écrit à Anil Boro, le mari de la femme, qui m’a appelé et a rejeté nos doutes quant à l’échange ». Le deuxième père accepte tout de même une rencontre avec cette autre famille, les deux garçons sont alors âgés de trois mois.

De longues procédures

Dès la première rencontre, les deux familles sont d’accord pour dire que les enfants ont bien été échangés à la naissance. Les quatre parents souhaitent alors récupérer leur enfant biologique, mais de façon légale. Les familles décident donc de pratiquer des tests ADN afin d’en avoir le cœur net. Les résultats démontrent en effet que les enfants ne sont pas biologiquement ceux de leurs parents. Une plainte est donc déposée contre l’hôpital en question, mais rejetée quatre mois plus tard, ainsi que les résultats des tests qui n’ont selon l’établissement « aucune valeur légale ». Le sort semble s’acharner sur ces deux familles, puisque même des avocats leur affirment que la procédure pourrait prendre entre 8 à 10 ans et serait donc très coûteuse. Finalement, en décembre 2015, l’affaire est présentée à la police, qui accepte enfin de mener une enquête.

Les enfants ne quitteront pas leur famille

Comme pour toute affaire judiciaire, les procédures sont extrêmement longues et pénibles pour les familles, ce n’est donc qu’en avril 2017 que la vérité éclate enfin : les bébés ont en effet été échangés immédiatement après leur naissance. Une nouvelle plainte est donc déposée à l’encontre de l’hôpital et le jugement final sera rendu le 24 janvier. Seulement, au fil du temps, les deux familles ont réalisé que les petits garçons n’avaient absolument aucune envie de quitter la famille dans laquelle ils ont respectivement été élevés. Les parents ont eux aussi du mal à se faire à l’idée qu’ils vont devoir abandonner cet enfant qu’ils ont élevé pour en accueillir un autre dont ils ne connaissent presque rien. C’est la raison pour laquelle les deux familles se sont mises d’accord entre elles pour ne plus demander cet échange définitif. Cependant, ils tiennent tout de même à ce que des sanctions soient appliquées à l’établissement qui est responsable de cette lourde erreur.

Sources : MagicMaman, 7sur7Être enceinte