Exposer les enfants aux écrans dès le matin entraînerait des troubles du langage

Crédits : iStock

Depuis quelques années, les écrans font partie intégrante de la majorité des foyers occidentaux. Si auparavant, les familles ne possédaient généralement qu’un seul poste de télévision, les écrans sont aujourd’hui présents dans les maisons sous différentes formes. On retrouve ainsi les smartphones, les tablettes et les ordinateurs. Une multiplication des formats qui pousse forcément de plus en plus de personnes à s’y intéresser. Les enfants n’échappent malheureusement pas à cette règle et les écrans font aujourd’hui partie de leur quotidien. Un divertissement qui divise beaucoup et qui donne lieu à de nombreuses études afin d’alerter les parents sur les risques de cette utilisation.

Éviter une exposition aux écrans dès le matin

Une étude publiée mardi 14 janvier dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’organisme Santé publique France fait depuis beaucoup de bruit auprès des jeunes parents. Menées sur 276 enfants de 3 ans et demi à 6 ans, ces recherches vont dans le sens de tous les professionnels qui ont un avis fermement opposé à l’utilisation des écrans par les enfants. Parmi ces petits, on compte 167 qui ont auparavant été diagnostiqués avec des troubles primaires du langage (dysphasie, bégaiement, manque de vocabulaire) qui n’ont aucun lien avec une maladie ou une surdité, et 109 autres qui ne présentaient aucun problème de ce genre. Les chercheurs expliquent : « Au cours d’une semaine scolaire classique, 44,3 % des cas [les enfants diagnostiqués] et 22 % des témoins [les enfants non diagnostiqués] étaient exposés aux écrans le matin avant l’école. Dans les deux groupes, ils étaient seuls face à l’écran 40 % du temps ».

Ces résultats montrent très bien que le fait d’être exposé aux écrans dès le matin peut conduire à un plus grand risque de développement de troubles du langage. L’étude va même plus loin et affirme que les enfants qui ne discutent pas avec leurs parents à la suite de cette exposition matinale ont encore plus de risque de développer un problème de ce genre.

Une étude à interpréter avec beaucoup de recul

Si ces résultats confirment les craintes de nombreux parents au sujet des écrans, il est tout de même important de ne pas les interpréter sans prendre un peu de recul. En effet, pour considérer cette étude comme une règle universelle, il faudrait comparer les comportements et notamment l’acquisition du langage entre des enfants exposés aux écrans et d’autres pour qui cela n’a jamais été le cas jusqu’à six ans.

La surexposition aux écrans est encore un phénomène relativement récent. Forcément, les chercheurs n’ont pas encore suffisamment de recul pour pouvoir tirer des conclusions des risques de cette pratique, ce qui explique pourquoi il vaut mieux les interpréter au conditionnel. Cependant, comme beaucoup de phénomènes récents, les professionnels recommandent de considérer le doute comme un éventuel risque. Mieux vaut donc préserver au mieux et le plus longtemps possible les petits des écrans.

Articles liés :

Écrans : quelles sont les conséquences sur la vision de l’enfant ?

Ecrans : priver les enfants les pousserait à être encore plus accros

Écrans : le temps que les enfants passent devant a doublé en vingt ans