Salvador : une femme condamnée à 30 ans de prison après avoir vécu une fausse couche

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L’histoire est à peine croyable, mais pourtant bien réelle : une femme de 34 ans originaire du Salvador a été condamnée à une peine de 30 ans de prison après avoir eu une fausse couche. Un cas qui n’est pas rare dans le pays, car la perte de son bébé est considérée comme un homicide aggravé.

Des lois très strictes vis-à-vis des femmes

Teodora Vasquez, 34 ans, originaire du Salvador en Amérique latine, est la victime d’un véritable acharnement politique. Les faits remontent au 14 juillet 2007, alors que la jeune femme était enceinte de 9 mois. Malheureusement, tout ne s’est pas passé comme prévu, puisqu’elle a été contrainte d’appeler les secours dans les toilettes du collège de San Salvador, son lieu de travail. Elle a en effet constaté qu’elle était en train de faire une hémorragie. Avant même que les urgences n’aient eu le temps d’arriver, la jeune femme s’est évanouie et a donné naissance à une petite fille mort-née. En la découvrant à terre auprès du corps de son bébé, une employé s’est alors empressée d’appeler la police. Teodora Vasquez a finalement été arrêtée dès son réveil.

Emprisonnée depuis 10 ans

C’est en 2008 que s’est déroulé le premier procès de la jeune femme qui sera condamnée à une peine de 30 ans de réclusion pour homicide aggravé. Finalement, 10 ans plus tard, les trois juges qui devaient statuer sur son cas ont confirmé une nouvelle fois cette peine : « La cour a conclu que la dernière condamnation de Teodora Vázquez doit être confirmée », a déclaré un des juges de la deuxième chambre de première instance de la capitale salvadorienne.

Teodora Vasquez a pourtant tenté de se défendre : « Qu’ils m’accordent ma liberté, car je suis innocente, car j’ai une famille pour laquelle je veux me battre, car j’ai des gens qui m’aiment et j’ai besoin d’être avec eux. »

La représentante du parquet a quant à elle affirmé que l’accusée avait « caché » sa grossesse et « qu’elle ne voulait pas d’un bébé ». Selon le médecin légiste qui a effectué l’autopsie de l’enfant : « le nouveau-né était en vie à la naissance, et qu’il est mort asphyxié ». Mais pour Jose Mario Ochoa Najera, médecin guatémaltèque et témoin de la défense : « Il y avait de l’eau dans ses poumons, et nous n’avons décelé aucun signe de traumatisme ». Le nouveau-né ne respirait donc pas au moment de la naissance.

L’avortement est interdit au Salvador et le Code pénal prévoit une peine de deux à huit ans de prison pour ces cas. Seulement, dans les faits, les juges sont bien plus stricts, puisqu’ils considèrent l’avortement ou la perte d’un bébé comme un « homicide aggravé », qui équivaut à une peine de 30 à 50 ans de réclusion. Le cas de Teodora Vasquez n’est donc pas surprenant dans ce pays où d’autres femmes sont aujourd’hui encore condamnées pour des faits similaires…

Sources : MagicMaman, Le Figaro, BFM TV

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