Confinement : quel a été l’impact sur la charge mentale des femmes ?

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Plusieurs semaines après la fin de confinement, des chercheurs se sont penchés sur cette période afin de voir si elle avait provoqué des changements de comportement. Il faut dire qu’il s’agissait d’un moment parfaitement unique durant lequel tout le monde a dû s’adapter. Malheureusement, le confinement a également été l’occasion d’entraîner une augmentation des violences faites aux enfants et aux femmes. Mais ce n’est pas tout : il semblerait que la charge mentale et les taches ménagères ont de nouveau été des affaires exclusivement féminines dans bien des foyers.

Des conditions de travail différentes

Le confinement n’a visiblement pas été l’occasion de permettre aux femmes d’accéder à un peu plus d’égalité avec les hommes. En effet, la crise sanitaire a mis à contribution une certaine partie de la population, souvent appelée « la première ligne ». Or, la plupart des métiers concernés, qui n’ont donc pas compté leurs heures à ce moment précis, étaient occupés par des femmes. Selon l’OCDE, au niveau mondial, les femmes représentent 70% du personnel médical et de soutien, 90% du personnel de caisse des magasins et de ravitaillement, et 67 % du personnel d’entretien, comme l’illustre très bien Emma dans une nouvelle BD sur le sujet. Malheureusement, dans l’urgence de la crise sanitaire, les conditions de travail étaient extrêmement difficiles pour toutes ces personnes qui s’exposaient également au risque de contracter le virus.

Bien évidemment, toutes les femmes n’étaient pas en première ligne. Cependant, même à la maison, en télétravail, les conditions n’étaient pas forcément meilleures. Selon une étude de l’INED reprise dans Le Monde, les femmes qui travaillaient à distance ne pouvaient pas autant s’isoler que les hommes dans le même cas. Elles étaient ainsi 42 % à devoir travailler dans une pièce partagée avec d’autres personnes, contre 26 % des hommes.

Plus de charge mentale pour les femmes

Si les femmes ont eu plus de difficultés que les hommes à travailler, c’est aussi et surtout parce qu’elles se sont plus occupées des enfants. Ainsi, et toujours selon cette même étude, parmi les parents d’enfants de moins de 16 ans qui étaient en télétravail, 47 % des femmes et 26 % des hommes affirment avoir passé plus de 4 heures supplémentaires par jour à s’occuper des enfants. Pour 45 % des femmes, il s’agissait même de « doubles journées », au cours desquelles elles enchaînaient leur propre charge de travail avant de s’occuper des enfants, le tout plusieurs heures à la suite, quand les hommes n’étaient que 29 % dans ce cas. Forcément, dans ces conditions, la vie professionnelle des femmes concernées n’était pas au beau fixe, car elles ont dû sacrifier du temps pour les petits.

La charge mentale ne correspond pas uniquement aux enfants, comme l’explique très bien la BD d’Emma. Cela passe aussi par les tâches ménagères qui augmentent forcément lorsque toute une famille vit sous le même toit 24/24 h.

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On retrouve également la charge émotionnelle qui est encore bien trop souvent réservée aux femmes. En pleine période de crise sanitaire, le stress augmente au domicile et dans la plupart des couples hétérosexuels, c’est la femme présente qui fait redescendre cette pression, notamment grâce au dialogue qu’elle instaure. C’est donc elle qui va tenter de consoler tout le monde sans jamais pouvoir exprimer ses propres angoisses. Il s’agit là du résultat d’une éducation genrée qui existe depuis des centaines d’années et qui consiste à faire croire aux enfants que les filles sont plus sensibles et compréhensives que les garçons.

Enfin, pour beaucoup de femmes hétérosexuelles en couple, la sexualité aussi est devenue une corvée. En effet, d’après un sondage de l’IFOP, 12 % des femmes ont pratiqué l’acte sexuel alors qu’elle n’en avait pas envie durant le confinement.