Coronavirus : une baisse des accouchements prématurés constatée durant le confinement

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Si la pandémie de Covid-19 n’est toujours pas derrière nous, il est d’ores et déjà possible de constater quelques conséquences, et notamment au niveau des naissances. Pendant la période de confinement en France, les accouchements étaient très réglementés et dans bien des cas, il était interdit pour la future maman d’être accompagnée en salle de naissance. Les bébés sont donc venus au monde dans des conditions bien particulières. Toutefois, le confinement a aussi peut-être eu de bons côtés pour les nourrissons : il aurait contribué à faire baisser le nombre de naissances prématurées.

Moins de naissances prématurées pendant le confinement

Selon de récentes recherches menées par le docteur Roy Philip, spécialiste de néonatologie de l’University Maternity Hospital Limerick en Irlande, le confinement a eu des effets positifs sur les naissances. Comme l’explique le média Slate, tout a commencé lorsque le confinement a été déclaré en Irlande, alors que le médecin était en vacances à l’étranger. À son retour, il a été surpris de constater que les commandes de compléments à base de lait maternel, destinés aux bébés nés prématurément, n’avaient pas été renouvelées pendant cette période. La raison était très simple : il n’y avait pas eu de naissance prématurée pendant son absence. Le médecin a donc cherché à savoir si les dates du confinement avaient vraiment un lien avec cela. Pour ce faire, il a décidé avec d’autres collègues médecins de fouiller les archives de son hôpital afin de comparer les chiffres des naissances qui ont eu lieu avant le terme entre janvier et avril depuis 2001, ce qui représente environ 30 000 naissances prématurées au total.

À l’issue de ces recherches, les médecins ont été étonnés de constater que les résultats allaient dans le sens de son hypothèse. En effet, depuis 2001, dans cet hôpital, les très petits bébés (c’est-à-dire 1 496 kg) représentaient huit naissances vivantes sur mille. Au début de l’année 2020, ce chiffre a été divisé par quatre. Plus surprenant encore : aucun enfant de moins de 0,997 kg n’est né durant cette période, alors qu’en temps normal ils représentent trois naissances sur mille.

Visiblement, ce phénomène n’est pas uniquement irlandais, car des médecins et chercheurs danois du Statens Serum Institut de Copenhague ont fait le même constat. Pendant le confinement, le nombre de bébés venus au monde avant 28 semaines de grossesse a chuté de 90 %.

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Des femmes moins stressées

Si ces constatations sont encore très récentes et que les médecins n’ont pas suffisamment de recul pour avoir des explications, ils ont tout de même quelques hypothèses. On retrouve notamment un niveau de stress moins élevé chez les futures mères. Avec le confinement, elles devaient rester à la maison et n’étaient donc pas confrontées à différentes situations qui peuvent être angoissantes, comme la pression au travail, les transports en commun, la vie quotidienne du foyer, etc. Le repos forcé peut également être un élément de réponse, car comme presque tout le monde durant le confinement, les futures mamans ont dû rester à la maison.

La baisse de la pollution pourrait aussi expliquer cette diminution des naissances prématurées. Dans le monde entier, ce ralentissement de l’économie a entraîné une baisse des émissions de gaz à effet de serre. Or, plusieurs études ont d’ores et déjà prouvé que la pollution pouvait être un des facteurs d’accouchement prématuré.

Enfin, le fait de ne plus sortir a certainement permis aux futures mères de ne plus être confrontées à certaines infections qui peuvent parfois entraîner une naissance avant terme.