Maisons de naissance : un premier bilan positif au niveau de la sécurité des jeunes mamans

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Les maisons de naissance fleurissent depuis quelques années un peu partout en France. Ces établissements accolés à des maternités plus « traditionnelles » permettent aux jeunes mamans d’accoucher de leur enfant dans des conditions plus naturelles. En effet, aujourd’hui, la naissance d’un bébé est relativement médicalisée afin d’écarter les risques de complication. Or, certaines femmes souhaitent un retour à des méthodes plus naturelles pour ce moment si particulier de la vie. Elles peuvent donc se tourner vers les maisons de naissance qui permettent tout de même un suivi sécurisé de la grossesse et de l’accouchement tout en laissant aux futurs parents une place pour leurs choix et leurs convictions personnelles.

Les maisons de naissance en France

En France, les maisons de naissance sont autorisées seulement depuis janvier 2015. Phénomène courant dans d’autres pays européens depuis plusieurs années, il s’agit pour l’Hexagone d’une expérimentation sur une durée de 5 ans. L’année 2020 sera donc celle au cours de laquelle le gouvernement rendra son avis final sur l’avenir des maisons de naissance en France. Ainsi, si aujourd’hui on retrouve seulement 8 maisons de naissance dans le pays, il se pourrait que celles-ci se multiplient dans les années à venir.

Les maisons de naissance sont gérées par des sages-femmes libérales présentes aussi bien pour le suivi de la grossesse que pour l’accouchement. Si la maison de naissance est obligatoirement accolée à une maternité en cas de problème, il n’y a pour autant aucune intervention médicale entre ses murs. Le but ici est de mettre au monde son enfant le plus physiologiquement possible. Bien évidemment, il est nécessaire de réunir certaines conditions pour bénéficier d’une telle méthode (pas d’accouchement passé par césarienne, aucun problème de santé au cours de la grossesse, un bébé qui se présente par la tête, de précédentes grossesses sans antécédents). Il est également important d’avoir parfaitement conscience qu’aucune aide médicale ne sera disponible le jour J, à moins qu’un problème survienne. Auquel cas, un transfert dans la maternité attenante sera envisagé. Enfin, aucune anesthésie ne sera disponible dans une maison de naissance, il est donc important de réaliser la douleur que cela peut entraîner.

Un bilan positif

Les premiers résultats de cette expérimentation sont plus qu’encourageants. En effet, on retrouve au total 649 femmes qui ont fait le choix d’accoucher en maison de naissance depuis 2015. Parmi elles, 78 % ont pu réaliser ce projet alors que 22 % ont dû être transférées dans la maternité attenante. Dans la majorité des cas, ce transfert intervient, car le travail n’avance pas, ou bien parce que la future maman souhaite finalement une aide médicamenteuse. Bien évidemment, les femmes qui souhaitent accoucher en maison de naissance peuvent changer d’avis et demander une péridurale si la douleur est trop intense.

Le taux d’épisiotomie dans les maisons de naissance est également très encourageant : seulement 1,6 % contre 20 % dans le reste de la France en 2016. D’ailleurs, le corps semble globalement bien moins traumatisé après un accouchement en maison de naissance : moins de 0,5 % de lésions sévères du périnée, 1,4 % d’hémorragies sévères et 15,3 % de césariennes pour les femmes ayant été transférées contre 20 % de moyenne nationale.

Quant aux bébés eux-mêmes, il semblerait que venir au monde dans ce contexte leur réussit. On constate effectivement seulement 0,3 % qui avaient des difficultés à s’adapter à la vie extra-utérine à 5 minutes de vie et uniquement 1,7 % avaient besoin de gestes d’urgence à la naissance.

Tous ces chiffres prouvent très bien que l’alternative des maisons de naissance est tout aussi sécuritaire qu’un accouchement plus « traditionnel ». Cela dit, il faudra tout de même attendre le mois de novembre pour savoir si oui ou non ce dispositif existera encore dans les années à venir, en plus grand nombre peut-être.

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