Jumeau parasite : lorsqu’un bébé absorbe involontairement son jumeau

Crédits : Dr Ali Abbara

Le jumeau parasite, également appelé « fœtus in foeto », désigne une malformation congénitale qui survient à la suite d’une grossesse gémellaire, le plus souvent de jumeaux monozygotes. Un phénomène rare, mais pas pour autant isolé, puisque 200 cas ont actuellement été recensés.

Qu’est ce qu’un jumeau parasite ?

Le phénomène du fœtus in fœto intervient dans les cas de grossesses gémellaires, généralement lorsqu’il s’agit de jumeaux monozygotes (vrais jumeaux). Ces derniers doivent en effet évoluer dans le même sac amniotique pour avoir un contact et ainsi entrer en « fusion ».

Dans les cas de jumeaux parasites, les fœtus s’entremêlent dès les premières semaines de grossesse et un des deux se retrouve inclus dans son frère ou sa sœur. L’autre jumeau continue donc son développement jusqu’à l’accouchement, mais possède désormais en lui un fœtus. Selon les cas, le jumeau parasite peut se nicher dans différents endroits du corps, et donc passer inaperçu des années durant. Si dans certains cas, il est possible de le détecter pendant la grossesse, des enfants naissent malgré tout avec leur jumeau parasite dans le corps et peuvent même vivre avec relativement longtemps sans que personne ne le réalise. Il s’agit d’un phénomène très impressionnant, les enfants concernés pouvant alors avoir quatre bras, plusieurs organes décuplés ou bien deux colonnes vertébrales. Des malformations souvent visibles et très spectaculaires. Si les « faux jumeaux » ne sont pas concernés par cela, toutes les grossesses multiples peuvent donner lieu au phénomène du jumeau parasite, à condition que deux fœtus soient du même sexe et partagent le même sac.

Généralement, la présence d’un jumeau parasite dans le corps se manifeste par des gonflements dans certaines parties du corps de l’enfant. Bien évidemment, l’enfant va alors devoir subir une intervention chirurgicale afin de lui retirer cette anomalie qui peut devenir très handicapante pour lui. Il s’agit bien entendu d’opérations extrêmement délicates pour le chirurgien en charge, le but étant de laisser le moins de séquelles possible au petit.

Selon les informations rapportées par The Independant le 1er août 2017, les médecins sont parvenus à retirer un fœtus qui se situait dans le ventre d’un nouveau-né. Il possédait une tête, des jambes, des bras, et même un cerveau, mais ne s’était en réalité jamais formé.

Crédits : Pixabay —PublicDomainPictures

Plus étonnant encore, un jeune indien de 18 ans s’est fait retirer en 2016 ce qui semblait être son frère jumeau. Celui-ci se présentait sous la forme d’une masse de 2,5 kg composée de tissus cutanés, de cheveux, et même de dents. Le jeune homme souffrait de maux de ventre, de vomissements, mais aussi de pertes de poids inhabituelles, ce qui l’a interpellé. Et pour cause, le fœtus de son frère jumeau se situait justement dans son estomac.

Quelles différences avec les jumeaux siamois ?

Le phénomène du jumeau parasite est souvent comparé à celui des jumeaux siamois qui vivent aussi une anomalie qui se développe au cours de la phase embryonnaire. Dans les cas de jumeaux siamois, ce sont également les « vrais jumeaux » qui peuvent être concernés. Bien évidemment, le risque n’est pas systématiquement, car il est en fait important seulement pour les grossesses gémellaires monochoriales monoamniotiques (un seul sac et un placenta pour les deux bébés). Les jumeaux siamois sont en fait le résultat d’une fusion entre les deux embryons au moment de leur développement. Cependant, impossible pour les médecins d’expliquer aujourd’hui encore les raisons de ce phénomène.

Aujourd’hui, les médecins peuvent, grâce à une échographie, voir si oui ou non il y a un risque que les jumeaux soient des siamois dès le début de la grossesse. Malheureusement, dans de nombreux cas, les médecins recommandent aux futurs parents d’avoir recours à une interruption de grossesse tant les chances de survie des enfants sont limitées. Toutefois, si la grossesse parvient à son terme, les médecins doivent alors envisager une séparation chirurgicale dans les jours qui suivent la naissance des bébés. Il s’agit bien souvent d’opérations lourdes et difficiles à effectuer.

Si les naissances de jumeaux siamois peuvent se faire par voie basse si leur poids est très faible (cas exceptionnel), il est généralement nécessaire de les faire naître par césarienne. Il s’agit donc bien souvent de bébés prématurés. Des jumeaux siamois peuvent vivre des années ainsi, mais leur espérance de vie n’est que de quelques mois s’il y a une fusion cardiaque ou cérébrale. Il faut donc envisager de les séparer le plus rapidement possible.

Les cas de jumeaux siamois sont encore plus dangereux et les chances de survie des enfants concernés sont alors plus minces. Ils peuvent en effet voir leurs nerfs s’entremêler, leurs os fusionner et leurs organes entrer en contact.

Des cas étonnants relativement rares

Les cas de jumeaux parasites peuvent être très impressionnants et affecteraient 1 nouveau-né sur 500 000 issus de grossesses gémellaires monozygotes. Ils peuvent être visibles dès la naissance ou bien mettre plus de temps à se manifester avec le développement d’organes, d’un tronc ou même de membres entiers dans l’organisme hôte. Yamini Karanam, une jeune Américaine, a mis 26 ans à déceler son jumeau parasite qui était situé dans son cerveau. Les médecins pensaient à une tumeur, car ce fœtus lui causait de réels problèmes de compréhension. Fort heureusement, il lui a été retiré avec succès.

Quoi qu’il en soit, les cas de jumeau parasite peuvent être très dangereux pour l’enfant qui peut venir au monde avec de graves malformations. Si certains ne parviennent pas à survivre au moment de la naissance, d’autres restent des années avec un mal qu’ils ignorent parfois. Heureusement, aujourd’hui, grâce aux échographies, une femme enceinte qui attend des jumeaux peut être informée relativement tôt de ce genre de problème. Un gynécologue peut ainsi très vite prendre les dispositions nécessaires pour suivre de près l’évolution de cette grossesse gémellaire qui n’en est plus vraiment une alors. Il est également possible pour la future maman de constater des signes de ce phénomène en cas de saignements relativement réguliers et anormaux au cours des premières semaines de grossesse.

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