Traumatismes de l’enfance : ils pourraient traverser les générations

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L’enfance est une période très particulière qui peut laisser autant de bons que de mauvais souvenirs. Malheureusement, c’est aussi une étape durant laquelle les petits peuvent vivre de grands traumatismes qui risquent de les poursuivre à l’âge adulte. Les traumatismes de l’enfance sont en effet responsables de bien des troubles psychologiques. Si la santé mentale est encore un tabou dans notre société, il est pourtant essentiel de s’y intéresser, car selon une étude récente, les effets des traumatismes subis durant l’enfance pourraient bien traverser les générations.

Des signes du traumatisme dans le sang

Une nouvelle étude parue dans la revue The EMBO Journal et menée par une équipe scientifique de l’Université de Zurich (Suisse) au sujet des traumatismes révèle qu’ils peuvent se transmettre de génération en génération. Pour parvenir à ce constat relativement inquiétant, les chercheurs ont mené une expérience sur des souris, dont certaines qui avaient été traumatisées et d’autres non. Ils ont alors découvert des différences entre le sang des souris traumatisées et les autres, et notamment des modifications du métabolisme des graisses. En effet, certains métabolites d’acides gras polyinsaturés étaient présents à des concentrations plus importantes dans le sang des souris traumatisées par rapport au second groupe.

Pour aller encore plus loin, les chercheurs ont injecté le sérum des souris traumatisées à d’autres souris qui ne l’étaient pas. Le constat a été très étonnant : la progéniture de ces dernières avait développé des symptômes métaboliques de traumatisme. Les chercheurs expliquent qu’il s’agit d’une preuve que ces modifications dans le sang délivrent des signaux de stress aux gamètes mâles, autrement dit aux spermatozoïdes.

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Les effets des traumatismes durant l’enfance

Pour aller plus loin, les scientifiques se sont intéressés à 25 enfants au sein d’un village “SOS” du Pakistan. Ces derniers avaient perdu leur père et avaient été séparés de leur mère, une situation qui est bien évidemment extrêmement traumatisante pour des enfants. Les chercheurs ont effectué des analyses de sang et de salive, et ont découvert que les petits avaient un niveau élevé de plusieurs métabolites lipidiques, comme les souris dans la précédente étude. Isabelle Mansuy, qui est à l’origine de ces recherches, explique : « Nos résultats démontrent que les traumatismes précoces influencent à la fois la santé mentale et physique à l’âge adulte et à travers les générations, ce qui peut être observé au niveau des facteurs comme le métabolisme des lipides et les niveaux de glucose ».

Pour conclure ses recherches, Isabelle Mansuy rappelle qu’un quart des enfants dans le monde sont aujourd’hui victimes de violences, d’abus et de négligences.