Rentrée du 11 mai : de nouvelles recommandations du gouvernement font bondir certains enseignants

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Depuis le lundi 11 mai, les élèves et les enseignants retrouvent pour certains petit à petit le chemin de l’école. Une décision qui a fait grand bruit depuis son annonce par le Président de la République. Certains la remettaient en effet en question en ayant la sensation que les enfants étaient considérés comme des « cobayes » face à la maladie. D’autres au contraire jugeaient qu’elle était nécessaire pour permettre à l’économie du pays de redémarrer doucement. Quoi qu’il en soit, cette rentrée se fait sur la base du volontariat, ce qui permet tout de même aux parents d’avoir la sensation qu’ils ont leur mot à dire. Les enseignants quant à eux peuvent se sentir un peu dépassés par toutes les mesures qui doivent être appliquées au quotidien afin de préserver la santé de tous. D’ailleurs, depuis quelques jours, c’est une note du gouvernement à leur attention qui fait beaucoup de bruit et qui donne la sensation à beaucoup qu’il n’est pas possible de remettre en cause les décisions prises par l’État.

Une rentrée sous haute surveillance

Avant la grande rentrée des classes qui fait suite à près de deux mois de confinement, les enseignants ont reçu de nombreuses mesures à mettre en place afin de garantir la sécurité de chacun. Les groupes sont réduits, les jeux collectifs interdits, les distances physiques doivent être maintenues toute la journée, les professeurs doivent porter des masques, et bien d’autres encore. Des mesures essentielles pour ralentir la contagion du coronavirus, mais qui sont malgré tout très contraignantes pour tout le monde et surtout pour les enfants qui n’ont pas l’habitude de vivre ainsi.

Le 4 mai, le Ministère de l’Éducation a mis en ligne une série de notes et recommandations à l’attention des professeurs, dont un point qui sème la discorde. Il y est rappelé « l’importance à accorder à la parole des élèves », une parole qui doit manifestement être tout de même surveillée. Il est en effet expliqué que « des enfants peuvent tenir des propos manifestement inacceptables ». Une phrase bien mystérieuse qui précède un autre paragraphe qui a mis le feu aux poudres : « la référence à l’autorité de l’Etat pour permettre la protection de chaque citoyen doit alors être évoquée, sans entrer en discussion polémique ».

Des professeurs qui ont la sensation d’être réduits au silence

Ce petit morceau de paragraphe laisse donc entendre qu’il est interdit de remettre en cause la façon dont le gouvernement a géré cette crise avec les élèves. Il faudra donc aborder la crise, sans pour autant entrer dans un débat qui pourrait critiquer certaines décisions prises par l’État. Forcément, certains professeurs se sont montrés très choqués par cette note qui leur donne la sensation qu’ils doivent simplement congratuler le gouvernement sans évoquer les zones d’ombre. Une technique quelque peu discutable dans un pays démocratique.

Le ministère de l’Éducation nationale, contacté par Franceinfo, explique que ces recommandations ont pour objectif « d’accompagner les enseignants, dans cette situation inédite, en leur proposant des tests d’évaluation pour savoir où les élèves en sont et comment les accompagner sur ces deux prochains mois ». En ce qui concerne la petite note qui fait polémique, elle s’adresserait uniquement aux élèves qui ne veulent pas respecter les gestes barrières ou bien qui répandent des théories complotistes à propos de la gestion de la crise.

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